[PS4] Venez découvrir notre test de Kingdom Come : Deliverance !

Après les dragons, les fées, les fantômes, les zombies… Warhorse Studio relève le défi avec Kingdom Come: Deliverance d’offrir un RPG réaliste, qui n’a rien à envier à ses comparses des mondes fantastiques. Lisez notre test afin de savoir si le défi est réussi !


De quoi on parle ?

“Dans les froides coursives d’enceintes médiévales la nuit se fait ailée pour qui sait s’y soumettre.”– Burneau Perou

Warhorse Studio nous plonge avec Kingdom Come: Deliverance en pleine bohême médiévale dans un scénario s’inspirant de faits réels. Mais finalement, quelle est-elle ? La Bohême est une région historique d’Europe centrale représentant aujourd’hui une partie de la République tchèque.  L’intrigue se situe aux alentours des années 1420 avec l’invasion du roi Sigismond de Hongrie. Vous incarnez Henry, fils d’un forgeron appelant à une vie d’aventures et qui va s’y retrouver plongé de la pire façon possible. Ainsi, vous découvrirez les forêts boisées, les plaines immenses et ensoleillées, la fumée s’étendant au loin, les cris de souffrance, les charniers et toutes les petites subtilités pouvant se trouver entre ces différentes étapes. Mais quel genre d’homme serez-vous ? Serez-vous  un preux chevalier à l’armure étincelante ou encore un sombre brigand enduisant ses lames de poison ? Serez-vous un homme ayant un profond penchant pour l’honneur ou encore un voleur prêt à saouler ses proies pour pouvoir les détrousser du peu de biens qu’ils possèdent ?

L’univers de Kingdom Come: Deliverance se distingue de ses pairs par un détail simple : son réalisme. On pourrait le croire exempt du moindre filtre avec cette sombre époque. Là où ailleurs vous pourrez chasser n’importe où et librement, vous devez ici respecter des règles strictes pour ne pas que votre gibier soit considéré comme volé. Fouiller un cadavre sur un chemin désolé peut salir votre nom à cause d’un simple marchand effectuant sa promenade. A cette époque l’ivresse était considéré comme l’un des ennemis des chrétiens au point de pouvoir vous amener au billot en cas de conflit généré –chose si facile vous en  conviendrez !- En bref, vous l’avez compris TOUTES vos décisions auront des conséquences précises. A bien faire valoir votre nom vous finirez même connu de villageois dont vous ignoriez tout, y compris l’existence, avant de débarquer à l’improviste à l’orée de leurs bourgades.

 Et ça vaux quoi ?

Je vais séparer ce test en cinq points distincts allant du gameplay à son ambiance en passant bien entendu par le scénario et tous les aspects notables qui pourront s’en suivre.

Manette en main ?

     Le gameplay est en soi assez intuitif, le jeu n’étant, au niveau de ses touches, pas vraiment difficile à prendre en main. Les touches changent cela dit un peu d’autres jeux du genre, comme le saut et la course, mais ce n’est pas en soi réellement dérangeant. Le véritable challenge au niveau du gameplay sera de parvenir à gérer convenablement les combats. C’est le genre de jeu où vous savez directement si la personne qui vous fait face est meilleure que vous ou non. Il n’y a pas à chercher loin, si votre adversaire est meilleur, le combat sera généralement très rapide. Kingdom Come: Deliverance ne laisse littéralement aucune place aux erreurs. Baissez votre garde un seul instant, et vous prendrez assez de coups sur le crâne pour vous envoyer paître dans les champs la tête la première. Il offre en réalité une réelle difficulté aux joueurs au point que la décision de s’arrêter pour affronter un groupe de bandits ne doit pas être une décision prise à la légère et ne songez pas à sortir votre arc si vous n’êtes pas parfaitement sûr de vous. Vous entraîner au tir au préalable sera primordial non seulement en raison de l’absence de réticule de visée mais aussi dans la maladresse que possède Henry dans ses premières tentatives.

Vous possédez, en tout,  quatorze emplacements pour vos pièces d’équipement et ces pièces offrent une défense non pas globale mais bien précise sur l’endroit ou vous les

Un petit aperçu des talents secondaires -il manque l’alchimie, tout ne rentrait pas-

portez et il vous faudra bien entendu parfaitement gérer la durabilité de chacune de ces pièces. En somme, si votre défense au niveau des jambes est faible ou que votre équipement y est mal entretenu, il ne faudra pas vous étonner à en sortir salement amoché en cas d’erreur. En plus de votre équipement il vous faudra gérer avec une certaine précision la faim et la fatigue de votre personnage. Fini les trois nuits blanches à chevaucher à la recherche de votre destin, ici, la première de ces nuits blanches pourrait être votre dernière. Votre personnage est régi par une multitude d’aspects secondaires ayant un réel impact sur son état et sur ses performances.

Oui, chaque détail compte. Si vous arrivez, crasseux, face à des nobles, ces derniers vous considéreront comme un bouseux. Ils vous mépriseront et vous jugeront. Le beau chevalier en

armure aura plus tendance à plaire aux dames mais selon vos talents, il se peut aussi que votre crasse en vienne à leur plaire. Car oui les options de personnalisation dans les possibles talents d’Henry sont réellement conséquentes. Il vous faudra avant d’orienter votre personnage prendre le temps de réellement observer à l’avance vos différentes possibilités.

En garde !

Ici, tout s’apprend. Vous apprendrez à combattre, vous apprendrez à parler correctement mais vous apprendrez aussi que la plume peut s’avérer aussi utile que l’épée, et on ne manquera pas de vous le répéter selon vos choix. Vous apprendrez aussi à confectionner vos propres remèdes (et même du Schnaps qui d’ailleurs participera à vous apprendre à tenir l’alcool). Ici donc, chaque chose viendra en son temps et il vous faudra par exemple parvenir à comprendre comment vous soigner avant de vouloir soigner autrui. 

En parlant de soins, il vous faudra savoir gérer vos blessures. Un coup d’épée bien placé pourra rapidement vous faire saigner et ainsi, si vous ne faites rien , vous mener peu à peu à la grande faucheuse. Le but sera de savoir non seulement bander vos plaies pour stopper le saignement mais aussi de toujours posséder sur vous de quoi vous soigner, sans quoi vous commencerez vos prochains combats blessés. D’ailleurs, ce monde ne sera pas tendre avec vous, car oui, rester en bonne santé quand on se voue à la guerre s’avère particulièrement coûteux.

Malheureusement vous n’aurez pas réellement l’occasion de combattre vos adversaires à grand coups d’espadons ou d’armes à deux mains, comme on à l’habitude d’en trouver. Vous aurez la possibilité de trouver, après un bon moment de jeu, des armes d’hast. Mis à part cela il vous faudra « tricher », en tenant diverses épées longues ou encore des haches sans équiper de bouclier, afin de les tenir à deux mains. L’efficacité s’en ressent tout de même et vous pousse cela dit à une certaine précision dans vos enchainements.

Viens là petit sanglier…

Pour le scénario ?

     Kingdom Come: Deliverance vous plonge la tête la première dans un film interactif. Vous pourriez regarder une video de gameplay que l’histoire n’en serait pas moins palpitante tant l’écriture est d’une excellente qualité. Bon, il reste bien entendu des phases d’exploration ou de préparation particulièrement longues et de fait peut être agaçantes pour les plus pressés d’entre nous mais ce n’est en soi qu’une pointe ajoutant au réalisme de cet univers.

Henry sera présenté à une multitude de choix et de situations pouvant influencer grandement son avenir. Ici, vous n’avez pas de route pré-écrite où tout est défini à l’avance et ce sont vos seules actions qui définiront qui vous êtes et pour qui vous vous battez. Notez que chaque pièce de chaque puzzle qu’il vous sera offert d’achever, possède une place bien précise. Là ou vous chercherez à retrouver un groupe de bandits après un massacre, il vous faudra faire aussi attention aux témoins qu’à tout votre environnement. La moindre branche cassée peut représenter un indice pour remonter jusqu’aux coupables.

 

Chaque personne que vous rencontrerez mène sa vie sans avoir besoin de vous, si vous vous engagez à quelque chose il faudra être prêt à assumer les conséquences de vos paroles manquées. Si un chef de la garde vous donne rendez-vous quelque part et que vous ne vous y rendez pas, il est fort possible que celui-ci vous offre une longue série de remontrances, si vous ne finissez pas au billot. Chaque villageois à sa vie et ses habitudes. Votre forgeron favori, que vous pourrez parfois croiser à la taverne après le travail, histoire de se détendre un peu, ou encore trouver son commerce fermé à midi tout simplement car son tenancier est humain et que comme vous, il doit se nourrir.

Vous l’avez donc compris, le temps est un facteur primordial à cet univers. Veillez à ne pas vous lancer dans une série de quêtes particulièrement longues en laissant derrière vous des étapes inachevées.

Visuellement ?

    J’ai plus haut employé l’image d’un film, cet aspect du jeu ne s’en déloge pas vraiment. Kingdom Come: Deliverance est tout simplement magnifique. Les forêts sont vraiment denses, les herbes hautes  vous donneront du mal à distinguer vos ennemis et les villages sont réellement animés. Distinguer ici une fumée au loin devient réel et offre une profondeur intéressante à cet univers car vous saurez que la fumée ne vient pas forcément d’un simple feu de camp.

Kingdom Come: Deliverance est si complet qu’il ne pouvait passer à côté d’une multitude réelle de bugs parfois particulièrement frustrants. Vous pourrez passer au travers du sol et chuter quelques minutes avant de reprendre place comme si rien n’était. Vous pourrez aussi voir votre course stoppée nette par un simple escalier à  cause d’une hitbox mal gérée. L’écran devient parfois noir d’un coup, vous obligeant à redémarrer le jeu pour que tout revienne à la normale, ou encore, suite à certains évènements, une suite de la quête en cours ne se lancera peut être jamais à moins de recharger. Vous n’êtes d’ailleurs pas sans savoir que les sauvegardes peuvent être relativement espacées et ce surtout dans Kingdom Come : Deliverance où les sauvegardes sont limitées au nombre d’un objet dans votre inventaire (sauf pour la sauvegardes automatiques). Il va de soi que malgré ces bugs le jeu n’en reste pas moins plaisant.

Je l’ai déjà dit, mais chaque détail compte. L’observation pourra plus d’une fois vous sauver la vie ou vous permettre de passer un chemin bien gardé de façon subtile.

Au niveau ambiance, ça donne quoi ?

     Bienvenue dans la Bohême médiévale. Entre les airs de flûte, le chant des oiseaux et des accompagnements plus rythmés guidés par les insultes fréquentes de vos adversaires au combat, l’aboiement du chien vous découvrant la nuit mais aussi les supplications des mendiants, l’ambiance de Kingdom Come: Deliverance colle parfaitement avec son univers. L’un de mes seuls regrets est de ne pas avoir rencontré un grand nombre de ménestrels. C’est un détail qui aurait pu apposer la cerise sur le grand gâteau que représente ce jeu.

Kingdom Come: Deliverance apporte t-il réellement quelque chose dans le vaste monde des RPG  ?

     Oui, il apporte réellement quelque chose à cet univers en raison de son réalisme. Le jeu tente d’offrir une sorte de simulation de la vie que pourrait avoir un homme de cette époque tout en nous montrant les affres d’une guerre dans toute son horreur. Je l’ai mentionné plus tôt, mais vous en viendrez à fouler d’immenses charniers.

Certains jugeraient sans doute, malgré son univers vivant, un manque d’interactions aléatoires entre deux villages. Mais cela rentre à mon sens dans cette optique réaliste. Si dans une grande parcelle de terre on trouve des bandits, il n’y en à pas non plus tous les trois mètres, il en va de même pour les courageux aventuriers et les habitants n’ont pas tous forcément quelque chose à vous demander. L’indicateur de quête pourrait être plus précis mais il n’as pas à l’être. Si un personnage vous donne rendez-vous aux bains dans la soirée, il est difficile de savoir quand s’y rendre mais l’univers ne serait pas si réaliste si on avait un panneau au milieu de la cour avec écrit « ici, rendez-vous avec Henry à 20h ». Finalement dites vous que le peu de rencontres que vous pourrez avoir entre deux villes, se limite au fait qu’une poignée de paysans osant labourer leur champ en faisant fi de la possible présence de bandits, est en soi une sorte de miracle.

L’on pourrait peut-être déplorer l’absence d’une personnalisation du personnage mais il n’en reste pas moins plaisant finalement d’avoir des interlocuteurs qui vous appellent par votre nom et vous considèrent pour ce que vous êtes. Les détails au niveau des plaies et blessures, de la saleté sur le visage du personnage en seraient aussi amoindris ou en tout cas, demanderaient une machine autrement plus puissante pour faire tourner le tout convenablement.

Pour conclure

Kingdom Come: Deliverance possède bon nombre de petits défauts qui rassemblés en un tout en forment quand même un noyau pouvant apparaître comme dérangeant, combien de fois pèserez-vous le pour et le contre dans la décision de prendre la route ou de respecter la parole donnée à la femme que vous courtisez ou encore à l’un de vos seigneurs ? Ou encore combien de fois affronterez-vous un guerrier possédant une immense masse sans pouvoir la manier à votre tour ? Ce genre de doutes et de questions vous hanteront mais, finalement est-ce vraiment un défaut ? Porter une arme lourde n’était pas à la portée du premier venu. Essayez de soulever un simple bouclier et de le maintenir en bougeant pendant une dizaine de minutes et vous constaterez que ce n’est finalement pas si simple. Il en va de même pour les épées d’époques et tout le reste des équipements (armures…). Henry reste un homme de corpulence normale. En réfléchissant un peu les défauts de Kingdom Come: Deliverance au niveau de son gameplay et de son univers s’avèrent finalement participer grandement à sa force. Rien n’est parfait et encore moins quand on vise le réalisme.

Finalement je n’ai plus qu’à ajouter, pour ceux qui ne sont pas à la recherche de ce dit réalisme, que Kingdom Come : Deliverance n’est tout simplement pas fait pour vous.

Je tiens à préciser que la note que j’offre au jeu lors de ce test dépend de ce qu’il est au moment ou je le rédige, je prends donc en considération les divers bugs, les petites imperfections et tout ce qui s’en suit, choses qui seront probablement patchées plus tard.

Pour ma part, le jeu vaut un bon 16/20, en selle !

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